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Portrait d'un collaborateur Transpole : Jamila, conductrice de bus

Portrait d'un collaborateur Transpole : Jamila, conductrice de bus
15 Oct 2015

Aujourd'hui nous vous présentons Jamila, une condutrice de bus qui a sauvé la vie d'un petit garçon

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jamila, j’ai 43 ans et je suis maman d’un adolescent. J’habite dans le bassin minier, je travaille depuis un peu plus de 3 mois chez Transpole (Keolis Lille) en tant que conducteur-receveur et avant j’étais éducatrice spécialisée.

Pouvez-vous nous parler de votre métier de conducteur-receveur ?

Au début, j’étais un peu stressée car j’avais peur de me perdre sur la ligne et du contact avec les clients. J’avais peur de tout ce que je ne connaissais pas en fait. A mon arrivée dans l’entreprise, j’ai été très bien accueillie. Il y a une super équipe en place. Du conducteur au directeur, il y a toujours un dialogue, une discussion et on est accompagnés. C’est un groupe humain, même sur la route il y a toujours quelqu’un pour être avec vous. Marjorie P., qui est ma MER (Manager Exploitation Réseau), m’apporte et m’apprend beaucoup : c’est très enrichissant et rassurant.

Par exemple, une semaine avant l’événement Lille 3000, nous avons fait un point sur tout ce qui était sécurité : Que faire dans une telle situation ? Comment porter secours ? Et je ne pensais pas du tout que ce petit rappel allait me servir une semaine plus tard quand j’ai eu à appliquer les procédures de sécurité et de sauvetage avec un enfant d’à peine 3 ans !

Justement, pouvez-vous nous parler de ce qui est arrivé ?

Le samedi 26 septembre pendant Lille 3000, j’étais à mon poste de conduite, j’allais démarrer et là j’ai entendu quelqu'un crier dans le bus « Au secours ! » «  À l’aide ! » « Appelez les secours mon enfant ne va pas bien ! ».

J’ai regardé dans mon rétroviseur et j’ai vu un petit garçon qui tremblait avec les yeux révulsés. C’est là que je suis sortie de mon poste de conduite pour voir ce qui se passait et pour essayer de calmer la maman. D’un coup, le petit garçon s’est évanoui, sa maman m’a dit « Il ne respire plus ! » et à partir de ce moment-là on ne réfléchit plus : on agit, c’est instinctif. J’ai pris alors le pouls du petit garçon mais je ne le sentais pas. Je lui ai ouvert la bouche pour vérifier s’il respirait encore mais plus rien. À ce moment là, j’avais les jambes qui tremblaient. J’ai donc appelé le SAMU en même temps et ils m’ont demandé si je savais pratiquer les gestes de premiers secours et s’il faisait de la fièvre, mais il n’en avait pas et ne suivait pas de traitement non plus. Le petit garçon avait en fait tellement convulsé que cela avait entraîné un arrêt cardiaque.

Dans un premier temps, j’ai donc mis le haut-parleur pour échanger avec le SAMU, puis j’ai demandé à une cliente de prendre le téléphone car je ne pouvais pas faire les deux en même temps. J’ai commencé ensuite à faire du bouche-à-bouche et un massage cardiaque au petit qui a ensuite reventilé mais au bout de quelques secondes plus rien. La maman était tellement paniquée que j’ai dû demander à un client de la sortir du bus et j’ai repris le massage cardiaque jusqu’à ce que le petit recommence à respirer. Le SAMU est arrivé. C’était un moment très dur et éprouvant pour moi.

À la suite de cet événement, j’ai eu un appel du Chef PC qui m’a indiqué de rentrer chez moi si j’avais besoin, mais je ne me voyais pas arrêter mon service. Je ne voulais pas m’arrêter car j’avais peur de cogiter et de ne pas avoir réussir à reprendre la ligne par la suite. J’ai donc repris la route.

C’est seulement le lendemain que j’ai vraiment réalisé ce qui s’était passé : j’avais sauvé quelqu’un. Ce qui a été super au cours de cette journée c’est le soutien que j’ai eu de la part de Marjorie P., du PC bus qui m’a appelé, du Chef de station, et d’un autre MER, Bruno R. qui m’a suivie pendant mon service.

Aviez-vous eu une formation aux premiers secours ?

J’en ai eu régulièrement et notamment avec les pompiers lorsque j’étais éducatrice spécialisée. La dernière remise à niveau était en décembre dernier pour le titre de « Sauveteur Secouriste du Travail».

Avez-vous eu des nouvelles du petit garçon ?

Oui car j’ai revu la maman 10 jours plus tard après ce qui s’était passé. En fait, c’est elle qui m’a reconnue en montant dans mon bus. Elle prend la citadine et la 55 et c’est une habituée de ces deux lignes donc je suis amenée à la revoir régulièrement. C’était vraiment très émouvant de se revoir. Je sais désormais que le petit est suivi par des spécialistes.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Je me souhaite à moi-même une bonne continuation chez Transpole (Keolis Lille)! (rire)

C’est une super bonne équipe. J’ai le sentiment que c’est une famille et on ne nous laisse pas comme ça, on est toujours accompagnés.

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Delphine

commentaires

  1. Christian Mulumba affirme: octobre 15, 2015 at 1:01

    Félicitations à l’héroïne et bonne continuation à elle.

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